Article : Lâcher Prise – Opposition – Résistance : faîtes votre choix ! -

Photo de unsplash.com/@naderayman_photography

 

Retrouvez un résumé vidéo sur ma chaine You Tube en cliquant : Vidéo Laurent MOTTE – Lâcher Prise

 

Le lâcher-prise, la réactivité… et la 3e loi de Newton

Souvent, mes clients en coaching, ou les personnes que j’accompagne pour renforcer leur sérénité et leur efficacité, me demandent des solutions, des techniques ou des astuces pour « lâcher prise ».

En réalité, ils expriment surtout un besoin de distance. Celui de se détacher, de prendre de la hauteur face à ce qu’ils sont en train de vivre.

Car bien souvent, nous sommes attrapés, saisis, bloqués… presque enfermés dans l’événement que nous traversons. Et, dans le même temps, nous devons trouver une solution, avancer, décider. C’est dans cet écart que naît une forme de tension intérieure : être coincé, tout en devant résoudre.

Et comme nous aspirons également à l’apaisement, à réduire le stress, la pression augmente encore.

Bref, une équation loin d’être simple. Et oui, le lâcher-prise en fait partie.

Mais il y a un point essentiel : une grande partie de nos tensions ne vient pas de la situation elle-même. Elle vient de notre manière d’y réagir.

Nous subissons notre propre réactivité.

Celle-ci nous place en résistance, voire en opposition face à un événement qui, pourtant, est déjà là. Et que nous aurions peut-être intérêt à accueillir tel qu’il est. Mais c’est évidemment plus facile à dire qu’à faire.

Cette réactivité est naturelle. Elle fait partie de nos mécanismes de protection. Pourtant, elle a un coût : elle devient énergivore, stressante, souvent disproportionnée par rapport à la réalité de la situation.

Pour éclairer cela différemment, on peut se référer à une loi physique simple : la 3e loi de Newton, aussi appelée principe d’action-réaction :

« Un corps qui exerce une force sur un autre corps subit une force égale et opposée. »

Lorsqu’un événement survient, notre première réaction s’active souvent en opposition.

Il suffit d’observer des situations simples. Lorsque vous marchez, vous exercez une force sur le sol, et le sol vous renvoie une force opposée qui vous permet d’avancer. Ce n’est donc pas seulement votre force qui vous fait progresser, mais la réaction du sol. Imaginez un instant marcher dans le vide… vous ne feriez pas beaucoup de chemin.

De la même manière, un nageur avance en poussant l’eau vers l’arrière. C’est la réaction de l’eau qui le propulse vers l’avant.

 

Ainsi, plus la force exercée est importante, plus la réaction l’est aussi. Et, transposé à notre vécu, plus nous nous mettons en opposition… plus la tension augmente.

Dans l’enseignement de la pleine conscience, cette réactivité est étroitement liée à ce que l’on appelle l’aversion : ce mouvement intérieur qui dit « je ne veux pas », « je ne veux pas que cela m’arrive ».

Cette opposition génère des tensions physiques, émotionnelles et mentales. Et plus nous résistons, plus l’événement prend de la place, envahit notre esprit, jusqu’à créer ce besoin de « lâcher prise », comme une soupape nécessaire.

Le véritable enjeu devient alors notre capacité de conscience. Notre capacité à voir, avec clarté, ce qui est en train de se jouer en nous.

Comme le souligne Tara Brach :

« L’acceptation radicale, c’est reconnaître clairement ce qui est en train de se passer en nous et autour de nous, et accueillir cette expérience avec compassion. »

Paradoxalement, le lâcher-prise ne commence pas en lâchant.

Il commence par un mouvement inverse : se rapprocher de ce que l’on vit. Aller au contact de ses sensations, de ses émotions, de son expérience, au plus près.

C’est dans cette proximité que quelque chose peut se transformer. Plus je suis présent à ce qui est, plus je peux m’apaiser, me relâcher. Et c’est seulement à partir de là qu’une réponse juste devient possible.

Cela peut sembler simple à formuler… mais demande, en réalité, un véritable entraînement.

Pour en donner une illustration concrète, imaginez un crayon posé sur une table. Si vous demandez à quelqu’un de le prendre, il va spontanément refermer la main dessus. Si vous lui demandez ensuite de lâcher prise, le crayon tombe.

Mais si la main s’ouvre, paume tournée vers le ciel, le crayon peut rester posé dans la main.

Le problème est toujours là, en contact. Mais sans crispation. Avec de l’espace. Et dans cet espace, une réponse devient possible.

C’est là qu’il devient intéressant de distinguer deux notions souvent confondues : l’opposition et la résistance.

S’opposer, c’est lutter contre, frontalement, avec rigidité. Cela génère de la tension, du stress, une forme de fermeture. C’est le poing qui se crispe autour du crayon.

Résister, en revanche, ne signifie pas subir. C’est rester acteur, tout en conservant son alignement et sa stabilité. L’histoire nous en donne des exemples forts : les résistants agissaient, mais avec discernement, sans se jeter dans une opposition frontale et destructrice.

En systémie, toute transformation suppose l’existence d’une force de résistance. Mais cette résistance peut être portée autrement. Par la pleine conscience, elle peut s’accompagner de bienveillance, de compassion, d’une qualité de présence qui la transforme en une énergie de changement à la fois douce et puissante.

Comme une main ouverte qui accueille, sans se crisper.

Face à un événement, il ne s’agit donc pas de ne rien faire, mais de ne pas s’opposer inutilement. De trouver cette qualité de résistance juste, celle qui permet d’avancer — comme le sol sous nos pas, ou l’eau sous le nageur.

Tout se joue alors dans notre capacité à reconnaître, en nous, le moment où nous basculons dans l’opposition. Et à transformer cette énergie.

C’est un chemin subtil, exigeant, parfois inconfortable. Un chemin qui demande du courage : celui d’aller au plus près de ce qui est vécu, d’observer sa propre réactivité, de relâcher les tensions.

Mais c’est aussi un chemin profondément libérateur.

Pour me contacter 
  par téléphone au 07 87 85 57 05 ou utilisez le formulaire en cliquant sur le bouton ci-dessous